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Allocution de Monsieur le Maire, Olivier Corzani, lors de la cérémonie du 57e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie, mardi 19 mars 2019.

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"Monsieur l’adjudant-chef de la gendarmerie de Fleury-Mérogis,

Madame Dian, conseillère départementale,

Monsieur le président de l’ARAC,

Monsieur le président de l’Union nationale des combattants,

Monsieur le président de la FNDRIP,

Monsieur le président de la FNACA,

Mesdames et messieurs les Anciens combattants,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs,

En ce 19 mars, nous commémorons l'anniversaire du cessez le feu en Algérie. C'était il y a 57 ans. Ce fut l'épilogue d'une guerre qui aura profondément marqué notre histoire. Et encore plus les chaires et les mémoires de tous les protagonistes. Côté Français comme côté Algérien. C'était aussi la fin d'un cycle. Celui où, partout, s'effondraient les empires coloniaux. Où les indépendances des peuples d'Afrique ou d'Asie, s'arrachaient, souvent, au prix du sang et de tragédies.

Et la guerre d'Algérie fut l'une de ces tragédies. Et le tragique de cette guerre fut qu'elle pouvait être évitée. Mais il aurait fallu pour cela, que les dirigeants français de l'époque, comprennent le monde qui naissait. Comprennent que le temps des exploitations coloniales était révolu. Que venait celui de l'autodétermination des peuples.

Il aurait fallu qu'ils comprennent que rien ni personne ne pouvait contraindre des peuples à rester dans un état de soumission. Et pourtant, la France sortait de la douloureuse expérience indochinoise. Elle aurait dû servir de leçon.  Mais rien n'y a fait. L'aveuglement des dirigeants de l'époque fut sidérant. Et c'est ainsi que l'engrenage meurtrier se mis en place. Ce qu'on appelait hypocritement des « opérations de pacification » étaient, en réalité, bel et bien en une guerre. Et des deux côtés une guerre totale. Des centaines de milliers de jeunes français du contingent y furent entraînés. 30 000 mille y laissèrent leur vie. Des milliers d'autres furent à jamais meurtris. Tous en revinrent traumatisés.

Et ce traumatisme est encore présent chez ceux qui furent contraints de s'engager dans ce bourbier et cette voie sans issu. Ceux-là méritent notre reconnaissance et celle de la Nation. Car si cette guerre fut injuste dans ses motivations, les jeunes Français qui y participèrent, a fortiori ceux qui y laissèrent leur vie, faisaient ce sacrifice au nom de la France. Et cela nous ne devons pas l'oublier. Raison pour laquelle les anciens combattants d'Algérie, mais aussi du Maroc et de Tunisie, doivent être respectés dans la reconnaissance de leurs droits.

C'est le rôle inestimable que joue les associations d’anciens combattants tels que l’ARAC et la FNACA. Et si le statut pour se prévaloir du titre « d'ancien combattant » comme les droits s'y attachant, vont être élargis, c'est bien parce qu’elles n'ont jamais rien lâché. Sans la présence de ces associations, leur ténacité, qui peut dire où en serait, aujourd'hui, la mémoire de cette guerre ? Et qui peut dire le sort qui serait réservé à ceux qui la vécurent ?

Ce conflit est une page de notre histoire nationale autant que de l'histoire algérienne. Pas des plus glorieuses. Des deux côtés des choses inhumaines furent commises. Aux atrocités des uns répondaient les atrocités des autres.

Et des jeunes Français, qui refusèrent de couvrir cette guerre coloniale, le payèrent au prix de leur exécution ou de tortures.

Et n'oublions pas. Cette guerre fut à deux doigts de faire chavirer la République en se transformant en guerre civile. L'extrême droite de l'époque, matrice de celle d'aujourd'hui, ne recula devant rien pour défendre les intérêts des colons et des grands propriétaires terriens qui dominaient l'Algérie. Son bras armé de l'OAS commis nombre d'attentats en métropole.

Des généraux factieux tentèrent même un putsch. Jusqu'à vouloir assassiner le Général de Gaulle quand celui-ci pris conscience que la guerre était une voie sans issue. En retardant une solution négociée au conflit, ceux-là ne firent qu'aggraver la situation.

La solution d'une Algérie nouvelle qui aurait permis la cohabitation de tous, inexorablement, à jamais, s'éloigna. Ceux qu'on appelait « les pieds noirs » durent tout quitter et tout laisser derrière eux, alors que la plupart était enracinée dans ce pays depuis plusieurs générations. Le massacre des harkis par le FNL fut aussi une conséquence du jusqu'au boutisme de l’extrême droite. Au final quel immense gâchis. C'est toujours ainsi quand on cherche à arrêter le train de l'histoire.

Alors que nous commémorons ce 19 mars, l'Algérie connaît une vague de protestation populaire sans précédent. Le régime et ses dirigeants sont massivement rejetés.  Beaucoup sont issus de cette période. Vers quoi débouchera ce mouvement ? Nul ne le sait. Souhaitons qu'au bout ce soit un rendez-vous avec la démocratie et la liberté.

Le peuple algérien, sa jeunesse et ses femmes qui agissent pacifiquement pour cet objectif, méritent notre soutien et notre admiration. Et, on le voit, ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée ne laisse, ici, personne indifférent. C'est bien la preuve, même si c'est dans une double mémoire tourmentée, à quel point nos deux nations sont à jamais liées.

Mesdames et Messieurs,

57 ans se sont écoulés depuis le cessez le feu. En nous retrouvant tous les 19 mars nous faisons notre devoir de mémoire pour les souffrances et les sacrifices endurées par des dizaines de milliers de jeunes Français.

Et nous faisons aussi notre devoir de solidarité pour tous ceux qui sont encore parmi nous, artisans du devoir de mémoire.

Je vous remercie."

 

FLEURY MAG'

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