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Discours de Monsieur le Maire à l'occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, vendredi 10 mai 2019. Une première à Fleury, organisée avec les écoles et les associations de la ville.

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Mesdames, Messieurs,

Mers chers amis, mes chers concitoyens,

L’abolition de l’esclavage fut un long et difficile combat pour l’égalité et l’unité du genre humain ; un combat révolutionnaire qui, dans notre Histoire nationale, naquit par l’alliance de deux grandes Révolutions qui bouleversèrent le monde : la Révolution Haïtienne et la Révolution Française. Les révolutionnaires haïtiens – esclaves affranchis et hommes libres au sein de la société des citoyens de couleur - aimaient afficher avec fierté un drapeau un peu particulier au nom de ce qu’ils appelaient « l’Égalité de l’épiderme ». Ce drapeau reprenait les symboles de la République auxquels étaient ajoutés un blanc, un noir et un métis portant, chacun, un bonnet de la Liberté. 

Le 23 mai 1848 ne peut se comprendre qu’à travers la lecture de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Lorsque Victor Schœlcher réussit à faire abolir l’esclavage par l’Assemblée nationale, il s’inscrivit dans l’héritage de la Convention montagnarde. La IIème République se voulait, en effet, à l’origine universelle, démocratique et sociale. Elle se voulait l’héritière de la Constitution de 1793. C’est cette République authentique qui, le 4 février 1794, abolit l’esclavage dans toutes les colonies françaises au nom des Droits naturels de l’Humanité.

En proclamant l’Égalité, la Liberté et la Justice pour tous les Hommes, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen fit voler en éclat le système colonial esclavagiste et ségrégationniste français hérité du sinistre Code noir. Elle devint le point d’appui des esclaves insurgés dans les colonies françaises aux Antilles. Asservis, humiliés, ces femmes, ces hommes prirent les armes pour conquérir leur dignité. Ils n’avaient le choix qu’entre la Liberté ou la mort.

L’abolition de l’esclavage fut arrachée de haute lutte, dans le sang, et non octroyée par la grâce de leurs bourreaux. Dans l’ancienne colonie de Saint-Domingue, cette guerre de libération dura 13 longues années de 1791 à 1804. Elle fut la première et unique révolution servile victorieuse de l’Histoire de l’Humanité dont le général Toussaint Louverture – ancien esclave affranchi - fut le principal artisan. Elle constitua l’une des plus grandes débâcles militaires infligées à celui que l’on présente à tort comme un génie politique - Napoléon Bonaparte. Elle aboutit à la première République noire libre et le nom d’Haïti lui fut donnée en hommage aux indiens et africains victimes de l’esclavage. Ce n’est donc pas un hasard si nous sommes aujourd’hui réunis ici en ce lieu symbolique.

Par la force de ses mots et des concepts philosophiques qu’elle contient fondés sur la dignité humaine, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen réveilla également les consciences parmi les français de Métropole. C’est au nom de cet idéal que le premier député noir de la République française – Jean Baptiste Belley – parvint à persuader et convaincre la Convention nationale de la nécessité d’abolir l’esclavage.

On comprend mieux pourquoi la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen fut tout de suite une cible à abattre par les courants politiques les plus rétrogrades sous la Révolution. Rappelons que c’est le Directoire qui la supprima dès 1795 parce qu’elle avait donné trop d’espoirs et d’ardeurs à tous les opprimés en Europe et dans les colonies. Il faudra attendre 1946 pour l’élever de nouveau au rang de loi fondamentale de la République.

Se souvenir des terribles conséquences de l’esclavage sur la vie des Hommes relève d’un impératif moral. Les vestiges de la pensée esclavagiste et colonialiste nous renvoient directement aux grandes problématiques de notre temps présent. Le racisme, la xénophobie sont à ce titre des produits de cette période historique. Il existait au XVIIIème siècle et notamment sous Napoléon un ordre juridique raciste et ségrégationniste autour de la notion de « préjugé de couleur » : le blanc renvoyant à la liberté, à la richesse et le noir à la sauvagerie, à la pauvreté. Ces préjugés sont malheureusement encore présents dans notre société. Ils alimentent les discriminations que subissent une partie de nos compatriotes. Ce racisme banalisé, ce racisme du quotidien, il nous faut le combattre de manière implacable. Il nous faut le déconstruire en particulier auprès des jeunes dès le plus jeune âge par l’éducation et la lutte contre l’ignorance.

Fleury a un devoir de mémoire. Nous sommes une « ville monde », une ville à l’image de cette France réelle, cette France qui vient de multiples horizons. Cette diversité, cette richesse humaine, nous pouvons en être fières. Je sais que l’histoire de l’esclavage est présente dans les mémoires de certaines familles floriacumoises et que, par conséquent, c’est aussi l’histoire de Fleury, notre histoire collective.

Reconnaître ce passé douloureux, admettre l’existence de ces mémoires encore vivantes, encore brûlantes, ici à Fleury, c’est nous reconnaitre comme étant des semblables. C’est panser les plaies mémorielles qui nous séparent. Je me réjouis d’ailleurs sur ce point de l’inscription de l’esclavage comme crime contre l’Humanité dans notre droit national depuis le vote de la loi Taubira du 10 mai 2001. Je reste convaincu que c’est de cette façon que l’on peut faire du commun, que l’on peut faire société en nous rassemblant autour des valeurs fortes de la République : l’Égalité, la Liberté et la Fraternité.

Je finirai par une citation de Thomas Paine, célèbre révolutionnaire anglais, citoyen français et député à la Convention nationale : « Ma patrie est le monde, mes frères, tous les Hommes ».

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